Le constructeur chinois aurait discrètement gelé son projet d'usine à 1 milliard de dollars en Turquie. Dix-huit mois après la signature de l'accord, les travaux n'ont toujours pas débuté, et les responsables turcs commencent à franchement s'agacer.
Un milliard de dollars au frigo
L'accord avait pourtant été signé en grande pompe en juillet 2024, sous le regard du président Erdogan et du PDG de BYD Wang Chuanfu. Le projet prévoyait une usine capable de produire 150 000 véhicules électriques et hybrides par an dans la zone industrielle de Manisa, à l'ouest du pays. BYD devait aussi créer un centre de R&D et générer jusqu'à 5 000 emplois locaux. Un beau programme sur le papier.
Sauf que voilà, près de deux ans plus tard, le terrain est toujours vide. Selon plusieurs sources concordantes, BYD aurait discrètement mis le projet en pause. Une annonce officielle serait même attendue, d'après un rapport parlementaire turc qui a examiné l'avancement du dossier.
La Turquie hausse le ton
Cengiz Eroldu, le patron de l'association des constructeurs automobiles turcs, ne cache plus son agacement. Il pointe le déséquilibre commercial entre les deux pays : les voitures chinoises débarquent en Turquie, mais l'inverse n'est pas vrai. Pour lui, BYD fait traîner les choses alors que le pays a ouvert grand ses portes à l'investissement chinois.
Du côté de BYD, on évoque les incertitudes géopolitiques et économiques mondiales pour justifier cette prudence. La guerre commerciale entre la Chine et l'Occident, les tensions au Moyen-Orient, les droits de douane européens sur les véhicules chinois : autant de facteurs qui compliquent la donne pour un investissement de cette ampleur.
Hongrie ou Turquie, BYD hésite
Ce n'est pas la première fois que BYD fait du surplace en Europe. Le constructeur avait aussi prévu une usine en Hongrie, à Szeged, mais ce projet a lui aussi pris du retard. Mi-2025, des rapports indiquaient même que BYD préférait accélérer en Turquie plutôt qu'en Hongrie, en raison des coûts de main-d'œuvre plus bas et de l'union douanière avec l'UE. Mais visiblement, même la Turquie ne suffit plus à rassurer le géant chinois.
On en dit quoi ?
C'est un peu le serpent qui se mord la queue. BYD veut contourner les taxes européennes en produisant localement, mais hésite à s'engager face aux incertitudes du marché. La Turquie offre pourtant des conditions intéressantes : coûts réduits, accès au marché européen, soutien politique. Maintenant, le pays se retrouve avec un terrain vide et des promesses non tenues. On comprend la contrariété des responsables turcs.